Bâtir un plan
Exercice · niveau 3 (difficile) · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 15 — Classicisme, romantisme, réalisme : trois façons de faire vrai
Énoncé
Sujet : « L'art doit-il imiter le réel ? » Proposer un plan en trois parties, chacune énoncée par une thèse, avec l'exemple daté qui la porte.
Corrigé
I — Oui, mais « le réel » y désigne un modèle, non un fait. L'imitation classique vise ce qui doit être ; le fait avéré ne suffit pas et peut même nuire. L'exemple qui porte : la querelle du Cid (1637--1638), où l'Académie reproche à Corneille d'avoir suivi sa source.
II — Non : ce que l'œuvre doit restituer n'est pas au-dehors. Le critère se déplace vers ce qui est éprouvé, et le vrai devient affaire de manière. L'exemple qui porte : Baudelaire, Salon de 1846 — le romantisme n'est ni dans les sujets ni dans la vérité exacte, mais dans la manière de sentir.
III — La question est mal posée : toute imitation suppose un critère, et ce critère est toujours une convention. Le réalisme, qui semble le plus fidèle, choisit ses détails et produit un effet de réel ; ses règles — documentation, effacement de l'auteur — sont aussi contraignantes que les trois unités. L'exemple qui porte : Zola (Le Roman expérimental, 1880) revendique la méthode de Claude Bernard alors qu'il écrit lui-même le résultat de son « expérience ».
La faute à éviter. Le plan « l'art imite / l'art transforme / l'art crée », qui ne pose aucun critère et se termine toujours par la même formule sur la liberté du génie. Il ne démontre rien, et il ne date rien.
Les autres exercices de ce chapitre Le cours du chapitre
Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.