La sincérité fait-elle preuve ?
Exercice · niveau 2 · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 15 — Classicisme, romantisme, réalisme : trois façons de faire vrai
Énoncé
Le critère romantique du vrai est la sincérité du sentiment. Formuler l'objection décisive, puis dire ce que le romantisme peut y répondre.
Corrigé
L'objection. La sincérité ne garantit rien. On peut éprouver sincèrement une chose fausse : le sentiment atteste l'état de celui qui parle, non l'état du monde. Madame Bovary (1857) est précisément le roman de cette objection — Emma sent avec une sincérité entière, et ce qu'elle sent lui vient de ses lectures.
La réponse romantique. Le critère ne prétend pas garantir des énoncés : il porte sur ce qu'une œuvre doit à celui qui la fait. Baudelaire le formule en 1846 — le romantisme est dans la manière de sentir, non dans la vérité exacte. Il ne concurrence donc pas le document : il désigne un autre objet, la vie intérieure, dont aucun relevé ne peut rendre compte.
Ce qu'il faut en conclure. L'objection est décisive si l'on demande au romantisme d'être exact ; elle manque sa cible si l'on comprend qu'il a déplacé la question. C'est le mouvement type d'une bonne troisième partie : montrer qu'une critique atteint ou manque selon la question qu'on pose.
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