Bâtir un plan
Exercice · niveau 3 (difficile) · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 16 — Les avant-gardes : l'art contre ses propres règles
Énoncé
Sujet : « La nouveauté est-elle un critère en art ? » Proposer un plan en trois parties, chacune énoncée par une thèse, avec l'exemple daté qui la porte.
Corrigé
I — Oui : le XX<sup>e</sup> siècle en a fait une obligation, et non un goût. La formule de Rimbaud (Une saison en enfer, 1873) est reprise comme un mot d'ordre ; le manifeste (Marinetti, 1909) institue l'annonce avant l'œuvre. L'exemple qui porte : la frise (figure 5) — trois programmes en quinze ans, chacun récusant le précédent.
II — Non : la nouveauté s'épuise, et elle ne se juge pas seule. Une rupture n'est lisible que par la règle qu'elle brise ; l'institution absorbe le refus, et le scandale ne survit pas à une génération. L'exemple qui porte : le manifeste devenu objet d'étude scolaire, et le geste de 1917 devenu pièce de musée.
III — Le critère n'est pas la nouveauté mais la question ouverte. Ce qui distingue une œuvre qui compte d'une simple trouvaille, c'est qu'elle rend une question inévitable pour ceux qui viennent après. L'exemple qui porte : la question « qu'est-ce qui compte comme œuvre, et qui en décide ? », posée en 1917, sans réponse stable depuis — alors que d'innombrables nouveautés formelles de la même décennie n'ont rien laissé.
La faute à éviter. Le plan « avant c'était beau, maintenant c'est n'importe quoi », qui est un jugement de goût déguisé en démonstration, et son symétrique, l'éloge de la nouveauté pour elle-même. Aucun des deux ne pose de critère.
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