Kant contre l'arbitraire
Exercice · niveau 2 · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 16 — Les avant-gardes : l'art contre ses propres règles
Énoncé
On invoque souvent Kant pour dire qu'en art il n'y a pas de règle. Montrer que la thèse de 1790 ne permet pas cette conclusion.
Corrigé
Ce que Kant soutient (Critique de la faculté de juger, 1790). Le beau plaît sans concept : aucune règle donnée d'avance ne permet de fabriquer une belle œuvre. C'est le génie qui donne sa règle à l'art, de sorte que la règle sort de l'œuvre au lieu de la précéder.
Ce qu'on lui fait dire à tort. Qu'il n'y a donc pas de règle du tout, et que toute production vaut. C'est un saut : « pas de règle préalable » ne signifie pas « pas de règle ».
L'argument qui bloque le saut. Kant exige que l'œuvre de génie soit exemplaire : elle doit pouvoir servir de mesure à d'autres, être reconnue et faire école. Une production que personne ne peut suivre ni juger ne satisfait pas cette condition. La règle est donc absente au départ et présente à l'arrivée.
L'usage en dissertation. Cet argument sert deux fois : contre le classicisme, qui veut la règle avant l'œuvre, et contre l'arbitraire, qui n'en veut nulle part. C'est une position rare et elle vaut cher.
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