La mauvaise foi n'est pas un mensonge
Exercice · niveau 1 (application) · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 17 — Phénoménologie, existentialisme, structuralisme
Énoncé
Expliquer pourquoi la mauvaise foi, telle que Sartre la décrit en , ne peut pas être ramenée au mensonge. Donner un exemple qui ne soit pas emprunté au cours.
Corrigé
La différence de structure. Le mensonge suppose deux personnes et deux états : je sais la vérité, et je la cache à un autre. La mauvaise foi n'a qu'un acteur : je me cache à moi-même ce que, en un sens, je sais — sinon je ne saurais pas quoi cacher. C'est ce paradoxe qui la rend intéressante, et non un simple défaut de sincérité.
Le mécanisme. Elle consiste à se donner une essence pour n'avoir plus à choisir : traiter comme un fait ce qui est un projet.
Un exemple. L'étudiant qui déclare « je ne suis pas fait pour les mathématiques ». La proposition se donne pour un constat, elle fonctionne comme une décision : elle dispense de l'effort de demain en le rendant d'avance inutile. On reconnaît la mauvaise foi à ce signe — elle transforme un avenir ouvert en propriété déjà acquise.
La nuance à ne pas oublier. Sartre ne dit pas que tout est possible. Il dit qu'invoquer la difficulté pour ne pas choisir n'est pas la constater.
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