Adloun

« Sartre nie les déterminismes »

Exercice · niveau 2 · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 17 — Phénoménologie, existentialisme, structuralisme

Énoncé

Cette phrase, très répandue, est fausse. Montrer pourquoi, à l'aide de la figure 2, puis proposer la formulation correcte.

Corrigé

Ce que la phrase suppose. Elle suppose qu'il n'y a que deux positions : ou bien le donné produit la conduite, ou bien il n'existe pas. Le chapitre entier consiste à montrer qu'il y en a une troisième.

Ce que Sartre et Beauvoir soutiennent réellement. Le donné existe et pèse — un corps, une classe, un sexe, une époque. Il n'agit pourtant pas comme une cause mécanique, mais à travers le sens que le sujet lui donne en le reprenant dans un projet. C'est le critère de la figure 2 : à gauche, on prédit sans consulter l'intéressé ; à droite, on ne prédit pas, mais on comprend et l'on impute.

La preuve par le volume. Le Deuxième Sexe () consacre des centaines de pages à l'histoire, au droit, au travail, à l'éducation, à la biologie. Quelqu'un qui « nierait les déterminismes » n'écrirait pas cette enquête. Ce qui est nié, c'est qu'ils constituent un destin.

La formulation correcte, telle qu'on l'écrit dans une copie : Sartre et Beauvoir refusent que la condition soit une cause ; elle est une situation, c'est-à-dire ce à partir de quoi l'on choisit, et dont on répond.

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