Le juste et le bien
Exercice · niveau 2 · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 18 — Pensées contemporaines : la critique, la justice, le vivant
Énoncé
Un sujet demande : « L'État doit-il rendre les hommes heureux ? » Montrer en quoi la distinction de la figure 4 permet de le traiter sans exposer de conception personnelle du bonheur.
Corrigé
Le piège du sujet. Il invite à dire ce qu'est le bonheur, puis à vérifier si l'État peut le procurer. Le devoir devient alors une dissertation sur la vie bonne, et il est hors sujet.
Ce que la distinction permet. Le bien — ce qu'est une vie réussie — varie d'une doctrine à l'autre, et l'histoire montre le prix payé chaque fois qu'un pouvoir a voulu imposer le sien. Le juste — les règles de la coexistence — doit au contraire valoir malgré ce désaccord. La question devient donc : l'État doit-il poursuivre une fin sur laquelle ses citoyens ne s'accordent pas, ou garantir les conditions dans lesquelles chacun poursuit la sienne ?
Le plan qui en découle. I — Oui, un pouvoir qui se désintéresse du sort de ses citoyens n'a guère de titre à gouverner. II — Non : rendre heureux suppose de savoir en quoi consiste le bonheur, et l'imposer, c'est dominer ; d'où la priorité du juste sur le bien, et le dispositif de Rawls (). III — La question se déplace : non pas le bonheur, mais les capabilités — ce que chacun est réellement en mesure de faire (Sen, et ). L'État ne rend pas heureux ; il peut rendre capable.
Le gain. La troisième partie ne dose pas les deux premières, elle change la question. C'est ce qu'on attend d'une troisième partie.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.