Bâtir un plan
Exercice · niveau 3 (difficile) · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 2 — Rome, la rhétorique et la fabrique du classique
Énoncé
Sujet : « L'éloquence est-elle dangereuse ? » Proposer un plan en trois parties, chacune énoncée par une thèse et non par un thème, avec l'exemple précis qui la porte.
Corrigé
I — Oui : elle obtient l'assentiment sans le mériter. L'éloquence agit sur celui-ci, ici et maintenant, par les passions autant que par les raisons ; elle peut donc l'emporter en étant fausse. L'exemple qui porte : Platon, Gorgias (v. ), compare la rhétorique à la cuisine, qui plaît au corps sans savoir ce qui lui est bon — et l'analogie est exacte, car elle vise le plaisir de l'auditeur comme critère.
II — Non : sans elle, le vrai reste sans effet. Un savoir qui ne peut se faire entendre ne gouverne rien. L'exemple qui porte : Cicéron, De l'invention (v. ), fait de l'éloquence ce qui a rassemblé les hommes dispersés en cités. On peut ajouter le cas contemporain d'un savoir scientifique établi qui ne parvient pas à décider une politique : l'obstacle n'est pas le manque de preuves.
III — Le danger n'est pas l'éloquence, c'est une éloquence qui ne répond de rien. Ce n'est pas la puissance de la parole qu'il faut craindre, c'est son irresponsabilité. L'exemple qui porte : Quintilien (v. ) n'oppose pas au sophiste une technique meilleure mais une condition extérieure à l'art — l'homme de bien habile à parler (figure 2). La question devient alors institutionnelle : quelles règles, quel contradicteur, quelle sanction tiennent une parole publique ?
La faute à éviter. Le plan « la rhétorique manipule / mais elle est utile / donc il en faut avec modération ». Il ne démontre rien : « avec modération » n'est pas un critère. La troisième partie doit déplacer la question, pas la moyenner.
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