Adloun

L'orateur et le sophiste

Exercice · niveau 2 · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 2 — Rome, la rhétorique et la fabrique du classique

Énoncé

Ils emploient les mêmes procédés. Sur quoi porte alors la différence ? Et pourquoi Quintilien donne-t-il de l'orateur une définition morale plutôt que technique ?

Corrigé

La différence. Elle ne porte ni sur le talent ni sur les techniques, identiques de part et d'autre, mais sur ce à quoi la parole est subordonnée : une cause qu'on tient pour juste, ou sa seule puissance d'effet. Le sophiste, tel du moins que la tradition le peint, enseigne à défendre indifféremment les deux côtés.

Pourquoi une définition morale. Parce qu'une définition technique serait vide : elle vaudrait aussi bien pour le manipulateur. En posant vir bonus dicendi peritus — l'homme de bien habile à parler, formule qu'il reprend de Caton l'Ancien — Quintilien avoue une chose forte : la rhétorique ne contient pas en elle-même de quoi se limiter. Un art ne peut pas fournir sa propre justification.

La difficulté. Cette définition est-elle vraie, ou seulement souhaitable ? Il existe manifestement de grands orateurs malhonnêtes. On peut défendre Quintilien en disant qu'il définit un idéal régulateur, non une statistique — mais il faut le dire, et ne pas faire semblant que la question ne se pose pas.

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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.