« Il n'y a plus ni Juif ni Grec »
Exercice · niveau 2 · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 3 — Un Dieu, une Loi, une Alliance : l'apport du monothéisme
Énoncé
Que doit l'universalisme à cette phrase, et que peut-on lui objecter ?
Corrigé
Ce qu'il lui doit. L'idée que l'appartenance de naissance — peuple, condition, sexe — n'est pas ce qui décide de la valeur d'un être. Ni Athènes, qui réserve la citoyenneté, ni Rome, qui l'étend mais la hiérarchise, n'énoncent cela. La formule est du domaine public et se cite exactement (Galates 3, 28 ; traduction Segond, ).
Les objections. Un : l'égalité affirmée est d'abord une égalité devant Dieu, et elle n'a pas aboli l'esclavage — l'écart entre l'énoncé et l'histoire est massif, et il faut le dire. Deux : un universalisme qui se fonde sur une révélation particulière reste attaché à cette révélation ; il peut donc être vécu comme une particularité qui se prend pour le tout, et c'est le reproche que lui feront les pensées anticoloniales.
La sortie par le haut. Ces deux objections n'annulent pas l'apport : elles montrent qu'une formule peut installer dans une culture une exigence que ses auteurs ne tiraient pas eux-mêmes, et que d'autres tireront contre eux — les abolitionnistes du XVIII<sup>e</sup> siècle citent précisément ce verset. Le principe de méthode : distinguer ce qu'un texte a dit de ce qu'il a rendu disponible.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.