Adloun

L'homme volant et le cogito

Exercice · niveau 2 · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 4 — Transmettre et discuter : l'islam, la scolastique, l'université

Énoncé

Énoncer correctement la filiation entre l'expérience de pensée d'Avicenne et le cogito de Descartes : ce qui est semblable, ce qui ne l'est pas.

Corrigé

Ce qui est semblable. Le dispositif : suspendre tout ce qui vient des sens et du corps, et constater qu'une certitude subsiste — celle d'être. Avicenne imagine un homme créé d'un coup, suspendu dans le vide, privé de toute sensation, y compris de son propre corps ; il soutient que cet homme affirmerait tout de même qu'il est.

Ce qui n'est pas semblable. L'usage. Avicenne en tire une thèse d'anthropologie : l'âme se connaît elle-même sans passer par le corps, elle en est donc distincte. Descartes en fait le premier principe d'une méthode () : une proposition qui résiste au doute le plus radical, et sur laquelle on va bâtir une science. Le point de départ est le même, la fonction dans l'œuvre ne l'est pas.

La formulation correcte : « on trouve chez Avicenne un dispositif très proche du cogito, mais employé à prouver l'immatérialité de l'âme, non à fonder une méthode. » Et la prudence qui va avec : les historiens discutent la voie exacte par laquelle Descartes aurait pu en avoir connaissance. On écrira « on a souvent rapproché », et non « Descartes s'en inspire ».

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