La neutralité axiologique
Exercice · niveau 3 (difficile) · lettres et philosophie (ECG/ECT 1re année), chapitre 6 — L'homme devient objet de science
Énoncé
« Puisque la science ne dit pas ce qu'il faut vouloir, elle est inutile pour décider. » Discuter, en trois moments.
Corrigé
Premier moment : l'énoncé repose sur un partage exact. Aucun enchaînement de propositions en est ne donne une proposition en doit : Hume l'a établi en , et Weber en a tiré en une règle de métier. Le savant qui, du haut de sa chaire, dit à ses étudiants quelle politique vouloir, sort de sa compétence et abuse d'une autorité empruntée.
Deuxième moment : la conclusion tirée est fausse. La science ne dit pas la fin, elle dit tout le reste, et le reste est décisif. Elle établit les faits sur lesquels on délibère ; elle établit quels moyens conduisent effectivement à la fin visée ; elle établit surtout les conséquences non voulues de ces moyens. Weber insiste sur ce dernier point : c'est en montrant à un homme ce que sa fin lui coûtera qu'on l'oblige à savoir ce qu'il veut vraiment.
Troisième moment : le partage est plus fragile qu'il n'y paraît, et c'est là qu'un bon devoir se distingue. Choisir ce qu'on mesure est déjà une décision : compter le chômage plutôt que la pénibilité, la croissance plutôt que l'espérance de vie, oriente la délibération avant qu'elle ne commence. La neutralité axiologique reste une exigence juste au niveau des énoncés ; elle ne peut pas l'être au niveau du choix des questions. Conclure là, et non sur « la science est neutre », qui est trop court.
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Un blocage sur cet exercice ? Le tuteur d'Adloun guide par questions, sans donner la réponse.