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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 1 · Exercice de TD

Plan détaillé : faire preuve d'humanité

L'humanité : un mot, trois sens, un problème · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Proposer un plan détaillé pour le sujet « Faire preuve d'humanité ». Montrer en particulier comment éviter que le devoir ne se réduise à un éloge de la gentillesse.

Corrigé

Analyse. « Faire preuve » : montrer par des actes, et aussi prouver — comme si l'humanité devait être démontrée. Le sens dominant est la vertu ; le problème naît quand on demande pourquoi il faudrait la prouver si nous sommes humains par naissance.

Problématique. Si nous sommes humains par l'espèce, pourquoi faut-il faire preuve d'humanité ? Et si l'humanité doit se prouver, celui qui ne la prouve pas cesse-t-il d'être humain ?

I. Faire preuve d'humanité, c'est épargner et secourir : la vertu comme pitié et bienveillance. Térence et la solidarité de condition ; l'humanitaire comme institution de cette vertu.

II. Mais cette preuve est exigée là où elle coûte : envers l'ennemi, le coupable, l'étranger. Il n'y a pas de mérite à être humain avec ses proches. Le droit de la guerre (le traitement des prisonniers) et le refus de la torture montrent que l'humanité-vertu s'adresse à celui qui ne la mérite pas. C'est ici qu'on dépasse la « gentillesse » : la vertu se mesure à ce qu'elle refuse de faire à autrui, même quand on en aurait le droit ou l'intérêt.

III. Faire preuve d'humanité, c'est reconnaître en l'autre l'humanité qu'on porte en soi : la vertu fondée sur la qualité (Kant : traiter l'humanité en chaque personne comme une fin). Prouver son humanité, ce n'est pas démontrer qu'on est humain, c'est montrer qu'on sait ce que l'autre est.

Le piège évité : la deuxième partie oblige à parler de l'ennemi et du coupable, et la troisième à fonder la conduite — on ne loue pas une qualité de caractère, on analyse une exigence.

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