lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 10 · Application directe du cours
Calculer et vouloir
L'humain et ses créatures : automates, androïdes, intelligence artificielle · niveau 1 (application)
Énoncé
Pascal, inventeur d'une machine à calculer, écrit dans les Pensées : « La machine d'arithmétique fait des effets qui approchent plus de la pensée que tout ce que font les animaux ; mais elle ne fait rien qui puisse faire dire qu'elle a de la volonté, comme les animaux. » Dégager la distinction que fait Pascal, et montrer en quoi elle bouscule une hiérarchie attendue.
Corrigé
La distinction. Pascal sépare deux choses que l'on range ensemble sous le nom d'intelligence : la performance (faire des « effets » qui ressemblent à ceux de la pensée, ici calculer) et la volonté (vouloir, désirer, poursuivre une fin). La machine a la première à un haut degré, l'animal la seconde.
La hiérarchie bousculée. On s'attendrait à un ordre simple : la machine en bas, l'animal au milieu, l'homme en haut. Pascal montre que l'ordre dépend du critère. Selon la performance, la machine dépasse l'animal ; selon la volonté, l'animal dépasse la machine. Ce qu'on en tire : quand on demande si une machine est « intelligente », il faut préciser de quoi l'on parle. Une machine qui calcule ou converse mieux que nous n'a pas pour autant ce que l'animal le plus simple possède : vouloir quelque chose.