lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 10 · Exercice de TD
Les Robots de Čapek
L'humain et ses créatures : automates, androïdes, intelligence artificielle · niveau 2
Énoncé
Dans R.U.R. (Karel Čapek, 1920), les Robots, êtres de chair artificielle fabriqués pour travailler, se révoltent et exterminent l'humanité ; à la dernière scène, deux Robots découvrent l'amour et le sacrifice, et le seul homme survivant les envoie dans le monde comme un nouvel Adam et une nouvelle Ève. Que dit ce dénouement des rapports entre l'humanité-espèce et l'humanité-qualité ?
Corrigé
La disparition de l'espèce. Les hommes de la pièce ont délégué aux Robots tout ce qui coûte : le travail d'abord, puis la guerre. Ils cessent même d'avoir des enfants. L'espèce s'éteint moins par la violence des Robots que par sa propre inutilité : elle s'est rendue superflue.
La survie de la qualité. Ce qui renaît à la fin n'est pas l'espèce, c'est ce qui faisait la valeur de l'humain : aimer un autre plus que soi, être prêt à mourir pour lui. Les Robots, créés sans âme, acquièrent ce que leurs créateurs avaient perdu.
Ce que cela permet de penser. L'humanité-qualité n'est pas nécessairement attachée à l'humanité-espèce : elle peut se perdre chez les humains et se trouver ailleurs. Cela renforce l'idée que l'humanité est une tâche et non une propriété de naissance (chapitre 8). Limite : c'est une fable, et l'amour des Robots est un don de l'auteur ; elle ne prouve pas qu'une machine réelle puisse aimer, elle montre que nous ne définissons pas l'humain par la biologie.