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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 10 · Exercice de TD

Une introduction complète

L'humain et ses créatures : automates, androïdes, intelligence artificielle · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Rédiger l'introduction complète (amorce, analyse des termes, problématique, annonce du plan) du sujet « Peut-on aimer une machine ? ».

Corrigé

Amorce. Dans L'Homme au sable d'Hoffmann (1816-1817), l'étudiant Nathanaël tombe amoureux d'Olympia, qui l'écoute sans jamais le contredire, et la préfère à sa fiancée Clara, qui lui répond. Olympia est un automate. Le conte ne raconte pas une prouesse technique, mais un aveuglement : Nathanaël aime en elle le miroir de ses propres paroles.

Analyse des termes. « Peut-on » : est-ce possible (cela arrive-t-il ?), et est-ce légitime (est-ce encore aimer ?). « Aimer » : éprouver de l'attachement, mais aussi vouloir le bien d'un autre et être aimé en retour ; l'amour suppose d'ordinaire un autre libre. « Une machine » : un objet fabriqué, sans vie propre, mais qui peut aujourd'hui parler et répondre.

Problématique. On s'attache à des objets, et l'on peut s'attacher plus encore à une machine qui nous répond ; l'expérience semble trancher. Mais si aimer, c'est vouloir le bien d'un autre et être reconnu par lui, une machine qui ne veut rien et n'attend rien peut-elle être aimée — ou n'aime-t-on en elle que son propre désir ? Et que devient l'amour des autres si l'on peut lui préférer une créature faite pour nous ?

Annonce du plan. Nous verrons d'abord que l'on peut s'attacher à une machine, et que cet attachement est réel ; puis qu'il ressemble moins à un amour qu'à un amour de soi, parce que la machine ne répond qu'en nous renvoyant notre désir (Hoffmann, Villiers) ; enfin que la question porte sur l'amour humain lui-même, que la machine menace moins qu'elle ne le révèle : aimer, c'est accepter que l'autre ne soit pas fait pour nous.

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