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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 11 · Exercice de TD

Le dernier homme

Faut-il améliorer l'homme ? Eugénisme, transhumanisme, bioéthique · niveau 2

Énoncé

Dans le prologue d'Ainsi parlait Zarathoustra (-, trad. Henri Albert), Nietzsche décrit le « dernier homme », « qui rapetisse tout » : « Nous avons inventé le bonheur, » — disent les derniers hommes, et ils clignent de l'œil. En quoi cette figure permet-elle de critiquer un projet d'amélioration de l'homme, alors même que Nietzsche veut que l'homme soit « surmonté » ?

Corrigé

Le paradoxe. Nietzsche semble l'allié naturel de l'amélioration : « L'homme est quelque chose qui doit être surmonté. » Mais le dépassement qu'il réclame n'est pas une augmentation des capacités ; c'est une création de valeurs nouvelles, qui suppose du risque, du conflit, de la souffrance même.

Le dernier homme est l'inverse : celui qui a supprimé tout ce qui coûte (« on respecte la santé », dit le même prologue) et qui appelle cela bonheur. Le clin d'œil dit la complaisance : il ne croit plus à rien, mais il est content.

La critique. Une amélioration orientée vers la santé, le confort et la longévité pourrait produire non le Surhumain mais le dernier homme : une humanité plus performante et plus petite. C'est le monde du Meilleur des mondes d'Huxley. Conclusion : on ne peut pas juger une amélioration sans demander vers quoi elle améliore ; une humanité « augmentée » peut être une humanité diminuée.

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