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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 11 · Exercice de TD

Le juge Holmes et le vaccin

Faut-il améliorer l'homme ? Eugénisme, transhumanisme, bioéthique · niveau 2

Énoncé

Dans l'arrêt Buck v. Bell (), qui valide la stérilisation forcée d'une jeune femme internée, le juge Holmes écrit : « The principle that sustains compulsory vaccination is broad enough to cover cutting the Fallopian tubes » (le principe qui justifie la vaccination obligatoire est assez large pour couvrir la section des trompes). Reconstituer l'argument, puis montrer où il échoue.

Corrigé

L'argument. Prémisse : l'État peut contraindre un individu pour protéger la santé de la collectivité (la vaccination obligatoire, validée par la Cour en ). Prémisse cachée : la transmission de « défauts » héréditaires est un danger pour la santé de la collectivité, comme une épidémie. Conclusion : l'État peut contraindre à la stérilisation.

Où il échoue. (1) La vaccination protège aussi le vacciné : elle est faite pour lui en même temps que pour les autres. La stérilisation ne fait rien pour Carrie Buck ; elle la sacrifie. (2) L'épidémie menace des personnes existantes ; l'eugénisme prétend protéger des personnes qui n'existent pas, en empêchant d'en faire naître d'autres. (3) Le « défaut » n'est pas un fait médical, c'est un jugement social (« faible d'esprit » désignait souvent la pauvreté et la déviance) : la norme n'est pas trouvée, elle est imposée.

Ce qu'il faut retenir : l'eugénisme d'État ne rompt pas avec la médecine, il en détourne les arguments. C'est pourquoi la distinction soigner / augmenter ne suffit pas : il faut encore demander pour qui on agit.

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