Adloun

lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 12 · Application directe du cours

Les vingt mille maisons de Lisbonne

L'humanité et la Terre : anthropocène, générations futures · niveau 1 (application)

Énoncé

Après le tremblement de terre de Lisbonne (), Rousseau écrit à Voltaire ( août ) : « convenez, par exemple, que la nature n'avait point rassemblé là vingt mille maisons de six à sept étages ». Il ajoute que la plupart de nos maux physiques « sont encore notre ouvrage ». (a) Quelle distinction Rousseau établit-il ? (b) Contre quelle thèse répond-il ? (c) Que devient cette distinction dans le cas d'une inondation aggravée par le réchauffement climatique ?

Corrigé

(a) La distinction : entre l'événement naturel (la secousse) et la catastrophe (le nombre de morts et de ruines). L'événement ne dépend pas des hommes ; l'ampleur de la catastrophe dépend de leur organisation : la densité, la hauteur des maisons, le refus de fuir pour sauver ses biens.

(b) La thèse visée : celle du Poème sur le désastre de Lisbonne de Voltaire, qui fait du désastre une objection à la Providence. Rousseau déplace la question : le mal n'accuse pas Dieu, il accuse les hommes. Le problème devient politique.

(c) Aujourd'hui, la distinction se brouille : l'événement lui-même (une pluie extrême, plus probable dans un climat réchauffé) est en partie produit par les activités humaines. Le mal naturel n'est plus séparable du mal humain. Ce qu'il faut en tirer : l'argument de Rousseau est plus actuel que jamais, mais il change d'échelle — ce n'est plus seulement une ville qui est notre ouvrage, c'est en partie le climat.

Exercices semblables

Le cours du chapitre · Tous les exercices du chapitre