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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 12 · Exercice de TD

Quitter la Terre

L'humanité et la Terre : anthropocène, générations futures · niveau 2

Énoncé

Certains promoteurs de la conquête spatiale présentent l'installation de colonies humaines sur Mars comme une assurance pour l'humanité en cas de catastrophe terrestre. Analyser ce projet à l'aide de la thèse d'Hannah Arendt (Condition de l'homme moderne, ) sur la Terre comme condition de l'existence humaine.

Corrigé

Le projet : il raisonne en termes d'espèce. Si l'humanité est un ensemble d'individus menacé d'extinction, disperser ces individus sur plusieurs planètes augmente ses chances de survie.

La thèse d'Arendt : la Terre n'est pas un simple support remplaçable, elle est la condition de la vie humaine — un milieu donné, où l'on respire et vit sans artifice. Arendt voyait dans le désir de s'en évader, salué dès le premier satellite (), une révolte contre la condition humaine elle-même.

L'analyse. Une humanité réfugiée dans des habitats artificiels survivrait comme espèce, mais dans quelles conditions ? Chaque souffle y serait fabriqué et contrôlé. Ce que le projet sauverait serait l'humanité-espèce, au prix peut-être de ce qui faisait l'humanité-qualité : vivre dans un monde que l'on n'a pas entièrement fait. De plus, le projet sert de « plan B » qui dispense de traiter le « plan A ». Conclusion : il illustre la première colonne de la figure — maîtriser encore — et son prix.

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