lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 12 · Application directe du cours
Une espèce peut-elle être responsable ?
L'humanité et la Terre : anthropocène, générations futures · niveau 1 (application)
Énoncé
On dit volontiers que « l'humanité est responsable du réchauffement climatique ». Distinguer les deux sens du mot « humanité » qui se mêlent dans cette phrase, puis dire à quelle condition elle devient exacte.
Corrigé
Premier sens : l'espèce. L'humanité désigne l'ensemble des hommes, dont les activités cumulées ont causé le réchauffement. C'est un fait physique, établi par le GIEC. Mais une espèce n'a pas d'intention ; elle est cause, non responsable.
Second sens : un sujet moral. Être responsable, c'est pouvoir répondre de ses actes, c'est-à-dire les avoir connus et pouvoir en changer. Seuls des individus, et les institutions qu'ils forment, le peuvent.
La condition : la phrase devient exacte si l'on précise que l'humanité agit comme sujet par ses institutions (États, traités, lois), et si l'on reconnaît que tous n'ont pas contribué également — le GIEC parle de contributions « inégales ». Sinon, « l'humanité est responsable » revient à dire que personne ne l'est. Le critère : un effet de masse ou une volonté.