lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 13 · Exercice de TD
Des étiquettes collées sur les choses
Représenter l'humain : la tragédie, le roman, le portrait · niveau 2
Énoncé
« Nous ne voyons pas les choses mêmes ; nous nous bornons, le plus souvent, à lire des étiquettes collées sur elles » (Bergson, Le Rire, , chapitre III). Expliquer cette phrase, puis montrer ce qu'elle implique pour la connaissance que nous avons des autres hommes.
Corrigé
L'explication. Notre perception est réglée par le besoin d'agir : nous retenons d'une chose ce qui permet de la reconnaître et de s'en servir. Le langage renforce cette tendance, car les mots (sauf les noms propres) désignent des genres. L'« étiquette » est ce trait général et utile qui nous dispense de regarder.
Pour les autres hommes. Nous les percevons aussi par étiquettes : « un vieillard », « un étranger », « un serveur ». Nous voyons la fonction, le genre, pas la personne. Et nous-mêmes, nous nous percevons à travers des mots communs qui recouvrent nos sentiments singuliers.
L'implication. L'art, qui écarte ces généralités, nous rend la singularité des autres : un portrait de Rembrandt n'est pas « un vieil homme », c'est cet homme. Un prolongement vers le thème : voir l'autre sous son étiquette, c'est déjà une manière de ne pas le voir comme un semblable ; l'art serait alors une école d'attention, donc d'humanité (chapitre ). Limite : Bergson réserve cette vision à quelques artistes ; le spectateur n'en reçoit qu'un reflet.