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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 13 · Application directe du cours

L'historien et le poète

Représenter l'humain : la tragédie, le roman, le portrait · niveau 1 (application)

Énoncé

« Cette différence consiste en ce que l'un parle de ce qui est arrivé, et l'autre de ce qui aurait pu arriver. Aussi la poésie est quelque chose de plus philosophique et de plus élevé que l'histoire ; car la poésie parle plutôt de généralités, et l'histoire de détails particuliers » (Aristote, Poétique, chapitre , trad. Ruelle). (a) Quelle distinction Aristote établit-il ? (b) Pourquoi la poésie serait-elle « plus philosophique » ? (c) Quelle objection peut-on lui faire ?

Corrigé

(a) La distinction : l'histoire rapporte des faits singuliers (ce qu'a fait tel homme, à tel moment) ; la poésie construit ce qui « aurait pu arriver », c'est-à-dire ce qu'un homme de tel caractère ferait selon la vraisemblance ou la nécessité. Le critère n'est pas le vers ou la prose : c'est l'objet, réel ou possible.

(b) Plus philosophique : la philosophie cherche le général. Or la poésie, en construisant le vraisemblable, montre des enchaînements valables pour tout homme semblable, alors que l'histoire est encombrée d'accidents qui ne valent que pour un cas. Œdipe nous apprend ce qui peut arriver à tout homme qui cherche la vérité sur lui-même.

(c) Une objection : Bergson soutient au contraire que l'art vise l'individuel, ce que les généralités du langage nous cachent. Et l'on peut ajouter que l'histoire, elle aussi, cherche des causes générales. Ce qu'il faut en tirer : la « généralité » de la poésie n'est pas celle d'une loi, mais celle d'un cas exemplaire, incarné dans un nom propre.

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