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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 13 · Exercice de TD

Ni tout à fait coupable

Représenter l'humain : la tragédie, le roman, le portrait · niveau 2

Énoncé

Dans la préface de Phèdre (), Racine écrit : « Phèdre n'est ni tout à fait coupable, ni tout à fait innocente : elle est engagée, par sa destinée et par la colère des dieux, dans une passion illégitime dont elle a horreur toute la première ». Montrer en quoi cette formule applique Aristote, et ce qu'elle apprend sur l'humain.

Corrigé

L'application d'Aristote. Racine le dit lui-même : son héroïne a les qualités qu'Aristote demande pour exciter « la compassion et la terreur ». Ni tout à fait coupable (sinon pas de pitié), ni tout à fait innocente (sinon pas de tragédie, mais un scandale) : c'est l'homme « intermédiaire » du chapitre de la Poétique.

La division intérieure. « Dont elle a horreur toute la première » : Phèdre juge sa passion et ne peut s'en défaire. Elle voit le bien et fait le mal. La culpabilité n'est pas dans l'ignorance, comme chez Œdipe, mais dans l'impuissance de la volonté.

Ce qu'elle apprend. L'humanité-qualité, la raison, ne gouverne pas l'homme ; elle peut seulement le juger. C'est une conception de l'homme (janséniste, pascalienne) qu'aucune définition ne rend aussi sensible qu'une héroïne qui se condamne en aimant. Usage : la formule permet de montrer qu'on peut représenter une coupable sans la juger ni l'excuser, et que c'est la condition de la comprendre.

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