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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 13 · Application directe du cours

Pourquoi pas un saint ?

Représenter l'humain : la tragédie, le roman, le portrait · niveau 1 (application)

Énoncé

Selon Aristote (Poétique, chapitre ), il ne faut pas que la tragédie montre « les gens de bien » passant du bonheur au malheur, ni le méchant, ni l'homme très pervers, mais un homme intermédiaire dont le malheur est dû « à une certaine erreur ». Expliquer pourquoi, en distinguant la pitié et la terreur.

Corrigé

Les deux émotions. Selon Aristote, la pitié naît devant un malheur immérité ; la terreur, devant le malheur de quelqu'un semblable à nous, parce que nous craignons qu'il nous arrive.

Les cas exclus. La chute de l'homme parfaitement vertueux est imméritée, mais il ne nous ressemble pas, et le spectacle révolte au lieu d'émouvoir : c'est l'horreur. Le succès du méchant ne produit rien. La chute du très pervers est méritée : elle éveille des « sentiments d'humanité », non la pitié, et nous ne nous reconnaissons pas en lui.

Le cas retenu. L'homme moyen, qui tombe par une erreur, réunit les deux conditions : il ne méritait pas un tel malheur, et il est comme nous. Œdipe est intelligent, courageux, impulsif : un homme. Ce que cela dit de l'humain : la tragédie repose sur la reconnaissance d'une humanité commune ; elle n'émeut que si le spectateur se reconnaît dans celui qui tombe.

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