lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 14 · Exercice de TD
Droit et philanthropie
Le sentiment d'humanité : pitié, compassion, hospitalité · niveau 2
Énoncé
« Il ne s'agit pas de philanthropie, mais de droit, et en ce sens hospitalité signifie le droit qu'a tout étranger de ne pas être traité en ennemi dans le pays où il arrive » (Kant, Projet de paix perpétuelle, , trad. Barni). Pourquoi Kant tient-il à distinguer l'hospitalité de la philanthropie ? Que gagne-t-on, et que perd-on, à faire de l'hospitalité un droit ?
Corrigé
La distinction. La philanthropie est un sentiment, l'amour des hommes : elle dépend de la disposition de chacun et peut manquer. Le droit est une exigence qu'on peut réclamer, indépendante des sentiments de celui qui reçoit. Kant veut que l'étranger n'ait pas à compter sur la bonté de son hôte.
Ce qu'on gagne. L'universalité : le droit vaut pour tout étranger, du seul fait qu'il est homme — l'humanité-espèce fonde directement le devoir. La fiabilité : il ne faiblit pas avec la distance (contre l'objection de Smith). La dignité : celui qui est accueilli n'est pas l'obligé d'une charité.
Ce qu'on perd. Le contenu : ce droit est minimal (ne pas être traité en ennemi, un « droit de visite »), il autorise le refus si l'existence de l'étranger n'est pas compromise. La chaleur de l'accueil, celle de Myriel, ne peut pas être exigée par un droit. Conclusion : le droit garantit le minimum universel ; le sentiment peut seul donner davantage, mais pas à tous.
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