lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 14 · Application directe du cours
Pitié ou respect ?
Le sentiment d'humanité : pitié, compassion, hospitalité · niveau 1 (application)
Énoncé
Pour chacune des conduites suivantes, dire si elle relève d'abord de la pitié ou du respect, en énonçant le critère : (a) secourir un passant qui vient de tomber ; (b) ne pas lire le courrier d'un collègue en son absence ; (c) donner une pièce à un mendiant sans le regarder ; (d) refuser de mentir à un malade sur son état ; (e) faire asseoir un forçat libéré à sa table et l'appeler « monsieur ».
Corrigé
Le critère : ce qui oblige est-il une souffrance (pitié) ou une dignité (respect) ?
(a) La pitié : une souffrance présente appelle un secours spontané. (b) Le respect : personne ne souffre, mais l'autre a droit à sa vie privée. (d) Le respect : on doit au malade la vérité parce qu'il est une personne capable de la recevoir, même si la pitié pousserait à mentir.
Les cas instructifs. (c) C'est une pitié sans respect : on soulage peut-être, mais on ne reconnaît pas la personne ; c'est la pitié qui humilie, celle que vise Nietzsche. (e) C'est la scène de Myriel dans Les Misérables : la pitié (Valjean a faim, il est rejeté de partout) s'unit au respect (il est traité en hôte et en égal). Ce qu'il faut en tirer : l'humanité-vertu accomplie n'est ni l'une ni l'autre seule, mais la pitié réglée par le respect.
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