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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 14 · Exercice de TD

Schopenhauer contre Nietzsche

Le sentiment d'humanité : pitié, compassion, hospitalité · niveau 2

Énoncé

Pour Schopenhauer (Le Fondement de la morale, , trad. Burdeau), la pitié est « le grand mystère de la morale » : en elle, « le non-moi jusqu'à certain point devient le moi ». Pour Nietzsche (L'Antéchrist, , trad. Albert) : « On perd de la force quand on compatit. » Confronter les deux thèses : sur quoi portent-elles exactement, et peut-on les concilier ?

Corrigé

Schopenhauer : la pitié est le seul ressort des actions vraiment morales, parce qu'elle abolit la séparation entre moi et l'autre. Elle est un savoir métaphysique : au fond, tous les êtres sont un.

Nietzsche : la pitié est une perte de force ; elle multiplie la souffrance (celle d'autrui devient la mienne), conserve ce qui est faible et humilie celui qu'elle secourt. Elle est une faiblesse déguisée en vertu.

Sur quoi elles portent. Schopenhauer juge la pitié par son origine (ce qu'elle révèle) ; Nietzsche par ses effets (ce qu'elle produit chez celui qui l'éprouve et chez celui qui la reçoit). Elles ne se contredisent donc pas terme à terme.

Une conciliation possible. La pitié peut être juste dans son principe (reconnaître l'autre comme semblable) et dangereuse dans sa forme (se complaire dans la souffrance, humilier). D'où l'idée d'une pitié réglée par le respect, ou d'une compassion active plutôt que d'une tristesse partagée.

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