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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 14 · Exercice de TD

Une introduction complète

Le sentiment d'humanité : pitié, compassion, hospitalité · niveau 3 (difficile)

Énoncé

Rédiger l'introduction complète (amorce, analyse des termes, problématique, annonce du plan) du sujet « La pitié est-elle une vertu ? ».

Corrigé

Amorce. Au dernier chant de l'Iliade, Achille, qui a tué Hector, pleure avec Priam, le père de sa victime. La plus ancienne grande scène de pitié de notre littérature réunit deux ennemis ; elle ne met pas fin à la guerre. Un sentiment capable de cela est-il une vertu, ou seulement une émotion passagère ?

Analyse des termes. La pitié est la tristesse éprouvée devant la souffrance d'autrui, et le mouvement qui pousse à la soulager. Une vertu est une disposition stable à bien agir, acquise et volontaire, dont on peut être loué. La pitié est un sentiment, qu'on éprouve sans l'avoir voulu ; une vertu est une manière d'être, qu'on cultive.

Problématique. Si la vertu suppose la volonté et la constance, la pitié, spontanée et partiale, n'en est pas une. Mais Rousseau l'appelle « la seule vertu naturelle », et sans elle les devoirs les mieux fondés resteraient lettre morte. La pitié est-elle une vertu, un obstacle à la vertu, ou la condition sensible de toute vertu envers autrui ?

Annonce du plan. Nous verrons d'abord que la pitié n'est pas une vertu au sens strict, parce qu'elle est involontaire, partiale et parfois humiliante ; puis qu'elle est pourtant le principe naturel de toute conduite humaine envers autrui ; enfin qu'elle devient une vertu lorsqu'elle est réglée par le respect et relayée par le droit.

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