lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 2 · Exercice de TD
La nature, une première coutume ?
Y a-t-il une nature humaine ? · niveau 2
Énoncé
Expliquer ce passage des Pensées de Pascal (fragments publiés en ) : « Quelle est donc cette nature sujette à être effacée ? La coutume est une seconde nature qui détruit la première. Pourquoi la coutume n'est-elle pas naturelle ? J'ai bien peur que cette nature ne soit elle-même qu'une première coutume, comme la coutume est une seconde nature. » Montrer ce que le texte fait à la question « Y a-t-il une nature humaine ? ».
Corrigé
Le mouvement du texte. Il part d'un constat : on craint de voir s'effacer des sentiments « naturels » (l'amour des enfants pour leurs pères). Or une nature qui peut s'effacer n'est pas très naturelle. Deuxième temps : la coutume « détruit » la nature, elle prend sa place — elle est une « seconde nature ». Troisième temps, le renversement : si la coutume peut devenir nature, pourquoi la nature ne serait-elle pas une coutume plus ancienne ? Le chiasme final (« première coutume » / « seconde nature ») rend les deux termes interchangeables.
Ce que le texte fait à la question. Il ne répond pas « non » : Pascal dit « j'ai bien peur », c'est un soupçon, pas une thèse. Mais il rend la question insoluble par l'observation : tout caractère commun pourrait être une habitude si ancienne qu'on en a oublié l'origine. Pour prouver une nature humaine, il ne suffit plus de montrer ce que tous les hommes ont ; il faut prouver que cela n'a pas été appris — ce qui est presque impossible, puisque tout homme observé est déjà éduqué.
Usage : le texte fournit une objection de deuxième partie contre toute définition de la nature humaine par l'observation, et prépare la question de l'enfant sauvage : seul un homme sans coutume permettrait de trancher.