lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 2 · Application directe du cours
Trois sens de nature
Y a-t-il une nature humaine ? · niveau 1 (application)
Énoncé
Dans chacune des phrases suivantes, dire quel sens du mot « nature » domine (l'origine, l'essence ou la fin) : (a) « L'enfant sauvage devait nous montrer l'homme de la nature » ; (b) « La nature de chaque chose est précisément sa fin » (Aristote) ; (c) « Il est dans la nature humaine de craindre la mort » ; (d) « Rousseau décrit un état de nature qui n'a peut-être jamais existé » ; (e) « Cet homme a vécu conformément à sa nature : il a développé toutes ses facultés ».
Corrigé
(a) L'origine : ce que l'homme serait avant toute société, que l'on espérait voir conservé chez l'enfant. (b) La fin : la nature est ce que l'être devient quand son développement est achevé. (c) L'essence : un caractère que tout homme partagerait, en tout temps. (d) L'origine, mais avec un aveu : Rousseau sait que cette origine est une hypothèse, un outil pour juger le présent, non un fait historique. (e) La fin : vivre « selon sa nature » veut dire ici s'accomplir, non revenir à l'état primitif.
Ce qu'il faut remarquer : (a) et (e) emploient la même expression, « la nature de l'homme », pour désigner deux choses opposées — le plus fruste et le plus accompli. Une copie qui ne distingue pas ces sens croira se contredire quand elle passe de l'un à l'autre ; une copie qui les distingue en fait son plan.