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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 2 · Application directe du cours

Une brute ou un dieu

Y a-t-il une nature humaine ? · niveau 1 (application)

Énoncé

Aristote écrit, au livre I de la Politique (traduction Barthélemy-Saint-Hilaire, ), que l'État est un fait de nature, « que naturellement l'homme est un être sociable », et que celui qui ne peut vivre en société, ou n'en a pas besoin, ne saurait être membre de l'État : « C'est une brute ou un dieu. » Expliquer pourquoi l'homme hors de la cité n'est pas, pour Aristote, plus naturel que le citoyen, et ce que signifient les deux termes de l'alternative.

Corrigé

Le contresens à éviter : croire que l'homme seul serait l'homme « naturel », la cité étant un artifice. Pour Aristote, la nature d'un être est sa fin, ce qu'il est quand il a achevé son développement. La cité est la fin des associations humaines (famille, village) ; l'homme accompli est donc le citoyen, et c'est l'homme seul qui est hors nature.

Les deux termes. Celui qui ne peut pas vivre en société est au-dessous de l'homme : une « brute », incapable de partager des lois et la justice. Celui qui n'en a pas besoin est au-dessus : un « dieu », qui se suffit à lui-même. Dans les deux cas, on sort de l'humanité, par défaut ou par excès.

Ce que la phrase apporte au thème : elle définit l'humain par une position intermédiaire — ni bête, ni dieu —, comme Pascal le fera autrement (« ni ange ni bête »). Elle fait aussi de la sociabilité non un goût, mais une condition de l'humanité : on n'est pleinement homme qu'avec d'autres.

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