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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 2 · Exercice de TD

Une empreinte sur le sable

Y a-t-il une nature humaine ? · niveau 2

Énoncé

Dans Robinson Crusoé de Defoe (, traduction Pétrus Borel, ), le naufragé, après des années de solitude, découvre « le vestige humain d'un pied nu parfaitement empreint sur le sable. Je m'arrêtai court, comme frappé de la foudre, ou comme si j'eusse entrevu un fantôme. » Analyser cet épisode comme un argument sur la nature humaine : que nous apprend la peur de Robinson ?

Corrigé

La situation. Robinson a reconstruit seul une vie ordonnée : il cultive, élève, tient un journal, prie. On pourrait en conclure que l'homme se suffit, que la société n'est pas nécessaire à son humanité.

Ce que la peur révèle. L'objet de la terreur n'est ni une bête, ni une tempête, mais la trace d'un semblable. Les deux comparaisons (« la foudre », « un fantôme ») disent la même chose : autrui est ce qui surgit sans qu'on le maîtrise, et ce qui hante. Robinson ne se demande pas d'abord si c'est un ami : il craint, il se cache, il fortifie son enclos.

L'argument. L'homme seul n'est pas devenu indifférent aux hommes ; autrui reste l'être qui compte le plus, comme espoir et comme menace. On peut en tirer deux lectures, à mettre en tension dans une copie : l'une proche d'Aristote (l'homme est fait pour les autres, l'absence d'autrui l'obsède), l'autre plus sombre (l'homme a appris à craindre l'homme). La limite à signaler : Robinson n'est pas un homme naturel, c'est un Anglais du XVIIe siècle isolé ; sa peur peut être apprise.

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