lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 3 · Application directe du cours
Degré ou nature ?
L'homme et l'animal : où passe la frontière ? · niveau 1 (application)
Énoncé
Pour chacune des affirmations suivantes, dire si elle pose une différence de degré ou de nature entre l'homme et l'animal, en énonçant le critère : (a) « Le chien a moins de mémoire que l'homme » ; (b) « Les bêtes n'ont pas moins de raison que les hommes, elles n'en ont point du tout » ; (c) « Le chimpanzé utilise des outils, mais il n'en fabrique pas pour en fabriquer d'autres » ; (d) « Les animaux les plus sociaux s'entraident, l'homme aussi, mais à plus grande échelle » ; (e) « Seul l'homme sait qu'il va mourir ».
Corrigé
Le critère : y a-t-il des intermédiaires ? Si la même faculté existe chez les deux à des niveaux différents, la différence est de degré ; si l'un a une faculté que l'autre n'a « point du tout », elle est de nature.
Degré : (a) et (d). La mémoire et l'entraide sont attribuées aux deux, « plus ou moins ». Nature : (b), c'est la formule même de Descartes ; et (e), qui pose une conscience que l'animal n'aurait pas du tout.
Le cas (c) demande réflexion. L'usage d'outils est partagé (degré), mais la fabrication d'outils à faire des outils est présentée comme absente chez l'animal (nature). La phrase montre une stratégie fréquente : quand l'observation découvre chez l'animal ce qu'on croyait propre à l'homme, on déplace la frontière d'un cran. Ce qu'il faut en tirer : une différence de nature est toujours exposée à devenir une différence de degré, et c'est pourquoi on la cherche dans des facultés qu'il est difficile d'observer de l'extérieur, comme la conscience de la mort.