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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 3 · Exercice de TD

L'horloge de Descartes

L'homme et l'animal : où passe la frontière ? · niveau 2

Énoncé

Expliquer ce passage du Discours de la méthode (, V) : bien que plusieurs animaux « témoignent plus d'industrie que nous en quelques unes de leurs actions », ce qu'ils font mieux que nous « ne prouve pas qu'ils ont de l'esprit », mais « plutôt qu'ils n'en ont point, et que c'est la nature qui agit en eux selon la disposition de leurs organes : ainsi qu'on voit qu'un horloge, qui n'est composé que de roues et de ressorts, peut compter les heures et mesurer le temps plus justement que nous avec toute notre prudence ».

Corrigé

Le problème. Les animaux font certaines choses mieux que nous (l'abeille, l'araignée, l'hirondelle). L'argument naïf en conclurait qu'ils ont de l'esprit, et même plus que nous.

Le renversement. Descartes en tire la conclusion inverse. Si leur habileté venait de l'esprit, ils l'auraient en toutes choses, puisque la raison est un instrument universel ; or ils n'excellent qu'en quelques actions et échouent dans toutes les autres. Une habileté spécialisée est la marque d'un mécanisme, organisé pour une tâche. D'où l'horloge : elle mesure le temps mieux que nous parce qu'elle ne pense pas — elle ne fait que cela.

L'enjeu. La différence est de nature : la pensée n'est pas une habileté de plus, c'est la capacité de s'adapter à n'importe quelle situation. Limite à discuter : l'argument suppose qu'un être pensant devrait exceller partout ; or l'homme aussi a des habiletés inégales. Et La Fontaine oppose des comportements (la perdrix qui fait la blessée) qui semblent s'adapter à la situation, non seulement répéter.

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