lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 3 · Application directe du cours
La chatte de Montaigne
L'homme et l'animal : où passe la frontière ? · niveau 1 (application)
Énoncé
« Quand je me jouë à ma chatte, qui sçait, si elle passe son temps de moy plus que je ne fay d'elle ? » (Montaigne, Essais, II, , « Apologie de Raimond Sebond »). Reformuler la phrase en français moderne, puis dire ce qu'elle conteste et ce qu'elle ne prétend pas prouver.
Corrigé
Reformulation : « Quand je joue avec ma chatte, qui sait si ce n'est pas elle qui s'amuse de moi plus que je ne m'amuse d'elle ? »
Ce qu'elle conteste : la certitude que le point de vue humain est le seul. Dans le jeu, je crois être le sujet et la chatte l'objet ; Montaigne renverse la relation, ou du moins la rend réciproque. L'argument porte sur notre connaissance : nous ignorons ce qui se passe dans la bête, et c'est par présomption que nous lui refusons ce que nous nous accordons.
Ce qu'elle ne prouve pas : que la chatte pense comme nous. Montaigne pose une question (« qui sçait ») ; il ne répond pas. Son but est sceptique : rabaisser l'orgueil de la raison, non établir une psychologie animale. Usage : dans une copie, l'exemple sert à contester qu'on puisse tracer la frontière en connaissance de cause — non à affirmer qu'elle n'existe pas.