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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 3 · Exercice de TD

Le plus noble attribut de l'homme

L'homme et l'animal : où passe la frontière ? · niveau 2

Énoncé

Darwin affirme, dans La Descendance de l'homme (, trad. Barbier) : « si considérable qu'elle soit, la différence entre l'esprit de l'homme et celui des animaux les plus élevés n'est certainement qu'une différence de degré, et non d'espèce ». Mais quelques lignes plus haut, il note que les animaux les plus sociaux ne comprendraient pas « cet amour désintéressé pour toutes les créatures vivantes qui constitue le plus noble attribut de l'homme ». Ces deux affirmations se contredisent-elles ?

Corrigé

L'apparente contradiction. La première phrase refuse une différence de nature ; la seconde désigne un « attribut » que les animaux ne comprendraient pas, ce qui ressemble fort à un propre de l'homme.

La lecture qui les accorde. Darwin pense que cet amour sort, par degrés, des instincts sociaux que partagent les animaux : la sympathie pour le groupe s'étend peu à peu, par l'habitude, la raison et l'éducation, jusqu'à toutes les créatures. La différence reste de degré dans son origine, mais elle produit quelque chose de neuf dans son extension : la sympathie qui ne s'arrête plus aux frontières du groupe, ni à celles de l'espèce.

Ce qu'on en tire pour le thème. Le passage est précieux parce qu'il déplace le propre de l'homme de l'humanité-qualité (la raison) vers l'humanité-vertu (la bienveillance). Et il contient un paradoxe : ce qui distinguerait l'homme de l'animal, c'est sa capacité à ne plus faire de cette distinction une raison d'indifférence. On peut en faire le cœur d'une troisième partie.

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