lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 3 · Exercice de TD
Plan détaillé : avons-nous des devoirs envers les animaux ?
L'homme et l'animal : où passe la frontière ? · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Proposer un plan détaillé pour le sujet « Avons-nous des devoirs envers les animaux ? ». Montrer en particulier comment le sujet engage les trois sens du mot « humanité ».
Corrigé
Analyse. « Devoirs » : obligations morales, qui supposent qu'on doit quelque chose à quelqu'un. « Envers » : les animaux sont-ils les destinataires de ces devoirs, ou seulement leur occasion ? Les trois sens : l'espèce (les devoirs s'arrêtent-ils au genre humain ?), la qualité (faut-il raison ou parole pour qu'on nous doive quelque chose ?), la vertu (l'humanité se mesure-t-elle à la façon de traiter ceux qui ne peuvent rien exiger ?).
Problématique. Si les devoirs supposent un être capable de réciprocité, l'animal n'y a pas droit ; mais si la cruauté envers lui est une faute, envers qui l'est-elle ?
I. Pas de devoirs envers des machines. Descartes : l'animal-machine ne pense pas ; le devoir suppose une personne. Le Code civil de rangeait l'animal parmi les biens.
II. Des devoirs à propos des animaux, envers nous-mêmes. La cruauté envers les bêtes endurcit le cœur et prépare la cruauté envers les hommes : c'est la thèse que Kant soutient dans la Doctrine de la vertu (). Le devoir porte sur notre humanité-vertu, l'animal n'en est que l'occasion.
III. Des devoirs envers les animaux eux-mêmes, parce qu'ils souffrent. Bentham : la question est de savoir s'ils peuvent souffrir ; Darwin : l'amour désintéressé de toutes les créatures est le plus noble attribut de l'homme. Exemple : l'article 515-14 du Code civil.
Ce que le plan montre : on passe de la qualité (I) à la vertu (II), puis à une vertu qui dépasse l'espèce (III). L'humanité, au sens moral, se manifeste là où l'humanité, au sens de l'espèce, n'est plus en jeu.