lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 4 · Exercice de TD
L'abeille et l'architecte
Le propre de l'homme : langage, raison, travail, rire · niveau 2
Énoncé
Expliquer ce passage du Capital de Marx (livre I, , traduction Joseph Roy) : « Une araignée fait des opérations qui ressemblent à celles du tisserand, et l'abeille confond par la structure de ses cellules de cire l'habileté de plus d'un architecte. Mais ce qui distingue dès l'abord le plus mauvais architecte de l'abeille la plus experte, c'est qu'il a construit la cellule dans sa tête avant de la construire dans la ruche. »
Corrigé
La concession. Marx commence par accorder à l'animal ce qu'on lui refuse d'ordinaire : une habileté qui égale ou dépasse la nôtre. Le choix du superlatif est calculé : on compare l'abeille la plus experte au plus mauvais architecte, pour que la différence ne puisse pas tenir au talent.
Le critère. Ce qui distingue l'architecte est la place du but : « dans sa tête avant […] dans la ruche ». Le résultat existe d'abord en idée et commande l'action ; l'abeille réalise une forme qu'elle n'a pas conçue. La différence n'est pas de degré (plus ou moins habile) mais de nature (un projet ou non).
L'enjeu pour le thème. Le travail devient le propre de l'homme : il transforme la nature selon un but, et, dit Marx un peu plus loin, l'homme « modifie sa propre nature » en travaillant. D'où la critique : un travail où l'ouvrier exécute un plan conçu par d'autres le ramène du côté de l'abeille. Le propre de l'homme devient une norme pour juger l'organisation du travail.