lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 4 · Application directe du cours
La voix et la parole
Le propre de l'homme : langage, raison, travail, rire · niveau 1 (application)
Énoncé
Aristote écrit (Politique, I, traduction Barthélemy-Saint-Hilaire) que la nature « accorde la parole à l'homme exclusivement. La voix peut bien exprimer la joie et la douleur ; aussi ne manque-t-elle pas aux autres animaux », mais que « la parole est faite pour exprimer le bien et le mal, et, par suite aussi, le juste et l'injuste ». Expliquer la distinction et dire pourquoi elle conduit Aristote à la cité.
Corrigé
La distinction. La voix exprime un état intérieur, le plaisir ou la douleur ; elle est un signe naturel, que l'animal partage avec nous. La parole signifie quelque chose qui n'est pas un état : le bien et le mal, le juste et l'injuste, c'est-à-dire des jugements. Le critère n'est pas le son, mais la fonction.
Pourquoi la cité. Aristote enchaîne : la communication de ces sentiments du juste et de l'injuste « constitue précisément la famille et l'État ». Parler, ce n'est pas seulement se faire comprendre, c'est pouvoir discuter de ce qui est juste — donc vivre sous des lois communes. Le propre de l'homme (la parole) fonde sa nature (être sociable, chapitre ).
Ce qu'on en tire pour le thème : chez Aristote, le langage n'est pas un outil de plus, c'est l'organe de la justice. Un cri de douleur appelle la pitié ; seule une parole peut dire : « ce qu'on me fait est injuste ».