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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 4 · Exercice de TD

Rire pour ne pas pleurer

Le propre de l'homme : langage, raison, travail, rire · niveau 2

Énoncé

Dans Le Barbier de Séville de Beaumarchais (, I, ), le comte demande à Figaro : « Qui t'a donné une philosophie aussi gaie ? » Figaro répond : « L'habitude du malheur. Je me presse de rire de tout, de peur d'être obligé d'en pleurer. » Montrer que cette réplique peut servir d'objection à la thèse de Bergson selon laquelle le rire exige une « anesthésie momentanée du cœur ».

Corrigé

La réplique. La gaieté de Figaro ne vient pas d'une vie heureuse, mais du malheur ; elle n'ignore pas la souffrance, elle la connaît trop. Le verbe « je me presse » dit une course : le rire doit arriver avant les larmes, pour les empêcher.

L'objection à Bergson. Pour Bergson, on rit en faisant taire la sensibilité. Figaro rit, au contraire, parce qu'il est sensible : son rire est une défense contre une émotion trop forte. Il ne suspend pas le cœur, il le protège.

Comment articuler les deux. On peut distinguer deux rires : le rire de quelqu'un (la moquerie, qui suppose l'insensibilité à l'égard de sa victime) et le rire de ce qui nous arrive (l'humour, qui suppose de sentir et de se tenir au-dessus de ce qu'on sent). Le premier peut manquer d'humanité-vertu ; le second en est peut-être une forme — une dignité dans le malheur.

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