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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 4 · Exercice de TD

Un animal qui fait rire

Le propre de l'homme : langage, raison, travail, rire · niveau 2

Énoncé

Bergson écrit dans Le Rire () : « Il n'y a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain » ; puis : « Plusieurs ont défini l'homme « un animal qui sait rire ». Ils auraient aussi bien pu le définir un animal qui fait rire ». Il ajoute plus loin que le rire exige « quelque chose comme une anesthésie momentanée du cœur ». Expliquer ces trois affirmations et montrer ce qu'elles font au thème de l'humanité.

Corrigé

Le comique est humain. Un paysage n'est jamais risible ; si l'on rit d'un animal ou d'un chapeau, c'est parce qu'on y retrouve une attitude ou une intention humaines. L'homme n'est pas seulement celui qui rit, il est l'objet de tout rire.

La correction de la formule. « Animal qui sait rire » fait du rire une capacité ; « animal qui fait rire » en fait une exposition. L'homme est le seul être qui puisse devenir ridicule, parce qu'il est le seul dont on attend de la souplesse, de l'attention, de la liberté — et dont on rit quand il se raidit en machine.

L'anesthésie. On ne rit pas de celui qu'on plaint : pour rire de l'homme qui tombe, il faut suspendre la sympathie. Ce que cela fait au thème : le rire est propre à l'humanité-qualité (il suppose l'intelligence) mais il suspend l'humanité-vertu (la compassion). Le propre de l'homme contiendrait donc une part d'inhumanité — passagère, et, selon Bergson, utile, puisque le rire corrige les raideurs.

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