lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 5 · Exercice de TD
Celui qui se fait ver
L'humanisme : la dignité, de la Renaissance aux droits de l'homme · niveau 2
Énoncé
« Celui qui se fait ver, peut-il ensuite se plaindre d'être écrasé ? » (Kant, Doctrine de la vertu, , trad. Barni). Expliquer la question en la rapportant au devoir de respect envers soi-même, puis dire si elle justifie l'arrêt Morsang-sur-Orge ().
Corrigé
Le contexte. Kant traite des devoirs envers soi-même et s'en prend à la servilité : les révérences, les titres pompeux, les formules par lesquelles on s'abaisse devant un autre. Pour lui, l'humanité qui réside en ma personne a droit au respect de tout homme, mais aussi au mien : je ne dois pas m'en dépouiller.
La question. Elle est rhétorique et cruelle à dessein. Celui qui renonce à se tenir debout invite les autres à le piétiner ; la servilité n'est pas seulement une faiblesse, elle est une faute contre l'humanité en soi, et elle prépare le mépris d'autrui.
Justifie-t-elle l'arrêt ? En partie. Elle fonde l'idée qu'on ne peut pas disposer de sa dignité comme d'un bien. Mais Kant parle d'un devoir de vertu, qui regarde la conscience de chacun, non d'une règle que l'État imposerait. Passer de l'un à l'autre, c'est transformer une exigence morale en contrainte publique : l'arrêt n'est justifié que si l'on montre que le spectacle atteint autre chose que la seule personne lancée (l'image de toutes les personnes affectées du même handicap).