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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 5 · Exercice de TD

L'humanisme est-il un orgueil ?

L'humanisme : la dignité, de la Renaissance aux droits de l'homme · niveau 2

Énoncé

« La presomption est nostre maladie naturelle et originelle. La plus calamiteuse et fragile de toutes les creatures c'est l'homme, et quant et quant, la plus orgueilleuse » (Montaigne, Essais, II, , ). Montrer que cette phrase permet de répondre à l'objection selon laquelle l'humanisme serait une glorification de l'homme.

Corrigé

L'objection. L'humanisme mettrait l'homme à la place de Dieu, le déclarerait maître de la nature, et ouvrirait la voie à sa démesure : c'est le reproche que lui adressent, au XXe siècle, Heidegger ou Lévi-Strauss.

La réponse de Montaigne. L'un des plus grands écrivains de la Renaissance dit exactement l'inverse : l'homme est la plus faible des créatures et la plus orgueilleuse, et son orgueil est sa maladie. L'« Apologie » le rabaisse au rang des animaux et se moque de celui qui se croit au centre du monde. L'humanisme de la Renaissance n'est donc pas un bloc : il comprend sa propre critique.

Ce qu'on en tire. On peut distinguer un humanisme de la grandeur (Pic, qui fait l'homme libre de devenir ange) et un humanisme de la faiblesse (Montaigne, qui fonde la sagesse sur la conscience de ses limites). Le second échappe aux critiques du XXe siècle, et c'est peut-être lui qui fonde le mieux le respect : on doit des égards à un être fragile plus sûrement qu'à un demi-dieu.

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