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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 6 · Exercice de TD

Le paradoxe de Lévi-Strauss

Une seule humanité ? Unité du genre humain et diversité des cultures · niveau 2

Énoncé

Dans Race et histoire (), Lévi-Strauss soutient que l'attitude la plus commune des peuples consiste à rejeter hors de l'humanité ceux qui ne partagent pas leurs usages, et qu'en refusant l'humanité aux peuples qu'on juge « sauvages », on adopte exactement l'attitude qu'on leur reproche. Expliquer ce paradoxe, puis montrer la difficulté qu'il pose à celui qui veut condamner une pratique.

Corrigé

Le paradoxe. Le « sauvage », dans l'imaginaire européen, est celui qui ne reconnaît pas l'humanité des étrangers : il les désigne d'un nom qui leur refuse la qualité d'hommes. Mais l'Européen qui traite ce peuple de sauvage fait la même chose : il le rejette hors de l'humanité accomplie. La croyance à la barbarie est donc elle-même la marque de ce qu'elle dénonce.

Ce qu'on en tire. Personne n'est à l'abri de l'ethnocentrisme ; la seule manière de ne pas être barbare est de ne pas croire qu'il y ait des peuples barbares — seulement des actes barbares.

La difficulté. Si l'on ne peut appeler personne barbare, peut-on encore condamner une pratique cruelle ? Le paradoxe glisse vers le relativisme. La sortie est indiquée par la conclusion précédente : juger des actes, non des peuples. On peut condamner la torture sans déclarer barbare le peuple qui la pratique — ce que Montaigne faisait déjà.

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