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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 7 · Exercice de TD

La banalité du mal

L'inhumain : barbarie, crime contre l'humanité, témoignage · niveau 2

Énoncé

Dans Eichmann à Jérusalem (), Hannah Arendt soutient qu'Eichmann n'était ni un sadique ni un fanatique, mais un fonctionnaire ordinaire, incapable de penser ce qu'il faisait du point de vue d'autrui ; elle parle de « banalité du mal ». Expliquer la thèse, puis répondre à l'objection selon laquelle elle reviendrait à excuser le criminel.

Corrigé

La thèse. On attend des grands crimes qu'ils aient de grands motifs : haine, sadisme, folie. Arendt constate le contraire : un homme soucieux de sa carrière, parlant par formules toutes faites, qui exécute des ordres sans se représenter les victimes. Le mal vient d'une absence — de pensée, d'imagination, de jugement — plus que d'une présence démoniaque.

L'objection. Si Eichmann est banal, n'est-il pas moins coupable ? N'est-ce pas transformer le bourreau en rouage irresponsable ?

La réponse. Arendt approuve la condamnation. « Banal » qualifie l'auteur, non l'acte : l'acte reste monstrueux, mais il n'a pas besoin d'un monstre. La thèse est même plus exigeante que l'accusation de monstruosité : elle dit que chacun est responsable de penser ce qu'il fait, et que renoncer à penser est déjà une faute. Le monstre rassure (il n'est pas nous) ; l'homme ordinaire inquiète (il pourrait être nous).

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