lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 7 · Exercice de TD
Une introduction complète
L'inhumain : barbarie, crime contre l'humanité, témoignage · niveau 3 (difficile)
Énoncé
Rédiger l'introduction complète (amorce, analyse des termes, problématique, annonce du plan) du sujet « L'humanité peut-elle se juger elle-même ? ».
Corrigé
Amorce. Le août , les vainqueurs de la guerre créent à Londres un tribunal chargé de juger, entre autres, des « crimes contre l'humanité ». Pour la première fois, l'humanité apparaît dans le droit comme une victime — et, du même coup, comme un juge. Mais ce juge est composé des vainqueurs, et le crime a été commis par des hommes.
Analyse des termes. « L'humanité » peut désigner l'espèce (l'ensemble des hommes), la qualité commune qu'un crime peut nier, ou la vertu au nom de laquelle on juge. « Se juger elle-même » : être à la fois l'accusé, la victime et le tribunal. « Peut-elle » : en a-t-elle le pouvoir (une institution universelle existe-t-elle ?) et la légitimité (qui parle au nom de tous ?).
Problématique. Juger suppose un tiers impartial ; or il n'y a pas de tiers hors de l'humanité. Ceux qui jugent au nom de l'humanité sont des hommes particuliers, parfois coupables eux-mêmes. Faut-il en conclure que l'humanité ne peut jamais se juger, et que toute justice « au nom de l'humanité » est celle des vainqueurs ? Ou bien l'humanité, sans tiers extérieur, n'a-t-elle d'autre juge possible qu'elle-même — à condition de distinguer en elle ce qu'elle est et ce qu'elle doit ?
Annonce du plan. Nous verrons d'abord que l'humanité ne peut se juger sans contradiction, faute de tiers et parce que ses juges sont partiaux ; puis que, faute d'autre juge, elle s'est pourtant donné les moyens de le faire, par le droit, le témoignage et la mémoire ; enfin que ce jugement n'est légitime que s'il juge des actes au nom d'une humanité-norme que tous, y compris l'accusé, peuvent reconnaître.