Adloun

lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 8 · Application directe du cours

Façonner les plantes et les hommes

Devenir humain : éducation, culture, civilisation · niveau 1 (application)

Énoncé

« On façonne les plantes par la culture, et les hommes par l'éducation » (Rousseau, Émile, livre I, 1762). Expliquer l'analogie, puis en marquer la limite en la confrontant à la première phrase du même livre : « Tout est bien sortant des mains de l'Auteur des choses, tout dégénère entre les mains de l'homme. »

Corrigé

L'analogie. La plante cultivée donne plus et mieux que la plante sauvage, à condition qu'on la soigne au bon moment : de même, l'homme naît faible, dépourvu de tout, et reçoit de l'éducation ce dont il a besoin adulte. Le mot « culture » garde ici son sens agricole, d'où vient le sens moderne.

La limite. La première phrase du livre dit que l'homme « dégénère » ce qu'il touche : il force une terre, mutile son chien, dresse son enfant « comme un cheval de manége ». La culture peut donc aussi déformer. L'analogie ne vaut que si l'on façonne selon la nature de la plante. Ce qu'il faut en tirer : chez Rousseau, l'éducation est à la fois nécessaire et dangereuse ; la question n'est pas « faut-il éduquer ? » mais « selon quoi ? ». D'où l'idée d'une première éducation « purement négative », qui protège plus qu'elle n'enseigne.

Exercices semblables

Le cours du chapitre · Tous les exercices du chapitre