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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 8 · Exercice de TD

La dernière larme de Rastignac

Devenir humain : éducation, culture, civilisation · niveau 2

Énoncé

À la fin du Père Goriot (Balzac, 1835), Rastignac, après avoir enterré Goriot, « regarda la tombe et y ensevelit sa dernière larme de jeune homme » ; puis il regarde Paris et dit : « À nous deux maintenant ! » Son premier geste est d'aller dîner chez Mme de Nucingen, l'une des filles qui ont laissé mourir leur père. Analyser la scène comme la conclusion d'un roman de formation : qu'a appris Rastignac, et qu'a-t-il perdu ?

Corrigé

Ce qu'il a appris. Le roman l'a placé entre deux maîtres : Goriot, qui aime sans mesure et meurt abandonné, et Vautrin, qui enseigne que la société est une lutte où l'on mange ou l'on est mangé. La mort de Goriot donne raison à Vautrin. Rastignac a compris les lois du monde ; il est formé.

Ce qu'il a perdu. La larme ensevelie est nommée : celle d'un « cœur pur ». Ce qui est enterré avec Goriot, c'est la pitié, la sensibilité morale de la jeunesse. Le dîner chez la fille ingrate le confirme : le défi au monde commence par un accommodement avec ceux qu'il méprise.

Ce qu'on en tire pour la dissertation. La scène sépare deux sens d'« humain » : Rastignac devient un homme accompli au sens de la qualité (lucide, capable, adulte) en perdant l'humanité-vertu. Elle permet de soutenir qu'on peut « devenir homme » en cessant d'être humain, et donc qu'une formation réussie n'est pas nécessairement une humanisation.

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