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lettres et philosophie : l'humanité (ECG/ECT 2e année, 2026-2027) · Chapitre 8 · Application directe du cours

Une tête bien faite

Devenir humain : éducation, culture, civilisation · niveau 1 (application)

Énoncé

Montaigne souhaite pour l'enfant « un conducteur qui eust plustost la teste bien faicte que bien pleine » (Essais, I, 26, « De l'institution des enfans », 1580). Expliquer l'opposition, puis montrer à l'aide de l'image des abeilles (elles « pillotent deçà delà les fleurs, mais elles en font apres le miel, qui est tout leur ») ce que Montaigne attend de l'élève.

Corrigé

L'opposition. Une tête « pleine » est remplie de savoirs reçus, gardés tels quels : Montaigne dit ailleurs que savoir par cœur, c'est « tenir ce qu'on a donné en garde à sa memoire ». Une tête « bien faite » est une tête formée : elle juge, elle choisit, elle sait se servir de ce qu'elle sait. Remarquez que la phrase porte sur le précepteur : c'est le maître qui doit d'abord avoir la tête bien faite, car on ne forme le jugement qu'en jugeant devant l'élève.

Les abeilles. Elles prennent partout (Platon, Plutarque, Sénèque) mais ne rendent pas du thym ou de la marjolaine : elles rendent du miel, « tout leur ». L'élève doit de même transformer ses lectures en un ouvrage propre, que Montaigne nomme : son jugement. Ce que cela engage : la culture ne se mesure pas à ce qu'on a lu, mais à ce que la lecture a fait de nous ; deux élèves peuvent avoir les mêmes connaissances et n'avoir pas la même formation.

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